Goma : parcours du combattant pour obtenir quelques litres d’eau

Goma : parcours du combattant pour obtenir quelques litres d’eau

février 14, 2012  |  Goma

A Goma, l’accès à l’eau est devenu un véritable casse-tête. Certains habitants de la ville volcanique sont contraints d’effectuer de longs kilomètres pour obtenir cette denrée devenue si rare.

D’autres se voient carrément obligés d’interrompre leur sommeil pour puiser de l’eau. Face à cette situation, les Gomatraciens s’organisent tant bien que mal pour se procurer, chacun à sa manière, ce liquide devenu si précieux.

Déjà à 5 heures du matin, de longues colonnes de jeunes filles surtout, envahissent les rues de la ville. Leur objectif : puiser directement de l’eau dans le lac Kivu, qui borde la ville. Et pour cause, dans certains quartiers, l’eau n’a pas coulé des robinets depuis des mois. La situation est d’autant plus préoccupante que cette eau, extraite du lac sans passer par un quelconque traitement, n’est pas toujours propre à la consommation.

S’il est vrai qu’en cas de coupure d’eau, nombreux sont ceux qui recourent au lac, d’autres usent de stratégies assez originales pour se procurer cette denrée rare. Albert Kazibe est cadre dans une ONG œuvrant à Goma. Il vit à Himbi, un quartier chic de la ville. Pourtant, l’eau ne coule pas de ses robinets depuis plusieurs mois. Comme sa famille éprouve de grands besoins du précieux liquide, il a trouvé une parade : chaque matin lorsqu’il se dirige vers son lieu de travail situé au centre ville, il emporte des bidons vides dans son véhicule. A son retour, il a suffisamment d’eau pour les besoins domestiques. « C’est inhumain d’ainsi priver la population d’accéder à l’eau », s’insurge-t-il.

Et pourtant, certains ont vu en cette pénurie d’eau une véritable opportunité de gagner de l’argent. C’est le cas des vendeurs d’eau à vélo, qui font du porte à porte, proposant aux ménages de leur fournir de l’eau contre espèces sonnantes et trébuchantes. Le bidon de 20 litres peut aller jusque dans les 500 francs congolais, soit 0,5 dollars ! Kakule Matembwe a pour sa part décidé d’employer les gros moyens. A Katindo 2, son quartier, il a fait installer un réservoir d’environ 4 mètres cubes. Deux fois par semaines, il l’approvisionne en eau à travers un camion-citerne. Il vend le bidon de 20 litre d’eau à 300 FC (0,3 dollars). Pour lui, les affaires marchent très bien.

Interrogé sur le problème d’eau à Goma, le directeur de la Régideso (le service public s’occupant de la desserte en eau), a affirmé que son entreprise n’arrive pas à fournir la ville en eau parce qu’elle n’est pas régulièrement alimentée en énergie électrique. Pour sa part, la SNEL a réfuté ces allégations en déclarant que la Régideso lui devait des millions de dollars de dette. Alors que ces deux entreprises de l’Etat se rejettent la faute, la population reste vouée à son triste sort.

Poly Muzalia



1 Comment


  1. bjr je suis tout fait d`accord avec les congolais ci-dessus.a mon avis que ca soit une reunion de familles. (se connaitre)mais not a business.

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