A Goma, nombreux sont ceux qui ont opté pour l’automédication. Prétextant de multiples raisons, ces personnes se soignent sans ordonnance médicale. Si cette pratique est largement déconseillée par les médecins et les pouvoirs publics en général, chaque jour qui passe le nombre de ses adeptes ne cesse de gonfler. Nous vous proposons ici un décryptage de ce phénomène qui prend de l’ampleur dans la ville volcanique.
Madame Furaha Bisimwa est une jeune femme au foyer. Je la croise dans une pharmacie de la place. Elle achète des médicaments pour soigner son fils, atteint de paludisme. Elle n’a pas d’ordonnance médicale. Et pourtant, elle semble connaître exactement quel médicament acheter. Interrogée sur le pourquoi de cette pratique, elle s’explique. « Dans les hôpitaux, les soins coutent trop cher pour moi ». La dame estime également que les médecins ont tendance à interner les patients même quand cela n’est pas nécessaire pour gonfler la facture des soins. Consciente du risque qu’elle court, elle met en avant le manque de moyens pour se justifier.
Dans la ville, le cas de cette dame n’est pas isolé. Dans certaines familles, en cas de maladie, l’automédication devient pratiquement la règle. Ntibonera Alphonse est père d’une famille pratiquant cette manière de se soigner depuis des années. Pour lui, le recours au médecin n’est nécessaire qu’en cas de « complications ». Mais comment savoir qu’une maladie a atteint le stade de « complication » si l’on n’est pas médecin ?
Le docteur Timothée Paluku dénonce la pratique. Médecin dans un hôpital de Goma depuis douze ans, il a eu à traiter de nombreux cas d’automédication qui ont mal tourné. « Se soigner sans recourir au médecin dénote d’une grave irresponsabilité et fait courir au patient de graves risques ». Il déplore particulièrement le comportement des pharmaciens qui, en tant que professionnels de la santé, acceptent de vendre des médicaments sans ordonnances. Il appelle également les pouvoirs publics à se pencher sur le phénomène et à envisager des sanctions contre les récalcitrants.
Les pharmaciens sont souvent pointés du doigt en matière d’automédication. Ici, la pharmacie est un business comme un autre. Pas besoin d’avoir un diplôme en pharmacologie pour ouvrir une officine. On reproche à ce corps le fait de vendre des médicaments sans ordonnance. De même, ils se substitueraient aux médecins lorsqu’ils prodiguent à leurs clients des conseils sur la manière dont ils doivent consommer les produits vendus. Albert, pharmacien de son état, rejette en bloc ces accusations. Il affirme que chez lui, aucun médicament n’est délivré sans ordonnance. Pour lui, il existe des pharmaciens véreux qui ne violent la déontologie du corps des pharmaciens mais ce sont des cas isolés.
En l’absence d’un système de santé inclusif – comme les mutuelles de santé ou les assurances maladie – l’automédication semble encore avoir des jours prometteurs. En effet, ceux qui recourent à cette pratique invoquent essentiellement des raisons d’ordre financier pour justifier leur comportement. Il serait temps que le gouvernement se penche sérieusement sur la question afin d’éviter les « complications » sur les patients…
Poly Muzalia
Recent Posts
- 05/02/2012 • Le loto à Kinshasa, une solution contre la pauvreté ?
- 04/30/2012 • A Kinshasa, la mort côtoie les passagers en permanence
- 03/04/2012 • Le mois de la femme autrement
- 02/18/2012 • Goma : le « daoulage » ou vol d’electricite se porte bien
- 02/14/2012 • Goma : parcours du combattant pour obtenir quelques litres d’eau
- 02/10/2012 • La dot : symbole ou business ?
- 02/08/2012 • Point de vue : et si on creait de l’emploi avec nos competences?


ici ca se complique un peu ,pourquoi le pharmacien c`est un businessman,d`autre le patient lui c`est econome pour dire pauvrette donc je retourne la question au gouvernement qu`il mette un reglement pas de medicament sans ordonance.il est capable aussi.